François Bernadi ou la poésie des simples

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In memoriam

François Bernadi ou la poésie des simples

François Bernadi est décédé le 27 juillet 2022 à Perpignan. Il avait fêté ses cent ans au mois de février précédent. Ses obsèques ont eu lieu le 3 août au crématorium de Canet-en-Roussillon. Le public, famille et amis était clairsemé ; les personnalités Colliourencques rares, élus et artistes confondus ; la presse locale muette, par facilité ou ignorance.
François Bernadi qui avait commencé dans la vie comme marin pêcheur puis dessinateur de presse, était avant tout un écrivain, de ceux qui comptent, l’auteur d’une œuvre unique, vibrant hommage, entre barques et vignes, à Collioure, son village natal, celui de l’entre-deux-guerres. Il était aussi le peintre et le sculpteur des gens ordinaires de son coin de terre, saisis entre mar i mont, restitués d’un trait naïf aux couleurs vives, ciselés d’un poignet douloureux sur des matériaux frustes.

François Bernadi fut aussi cet homme, généreux, qui, en 1989, parraina la mise à l’eau d’une modeste embarcation, Les Publications de l’Olivier, association éditoriale pilotée par quelques matelots de fortune, dont à quatre reprises il fit battre haut et fort le pavillon. C’était en 1990 avec Au temps des Mongols, en 1997 et en 2013 avec son chef-d’œuvre, Rue du soleil, le grand livre de Collioure, en 2007 avec Le Vin de lune, et en 2012 avec l’Œil de mer, les trois derniers auparavant publiés chez Gallimard en 1955, 1957 et 1962 Une aventure éditoriale et amicale de trois décennies à laquelle fut étroitement associée son épouse Lucile, sa muse, décédée en 2010. Généreux, simple et modeste, mais aussi homme entier, François Bernadi pouvait avoir la fâcherie définitive.
Les Publications de l’Olivier savent ce qu’elles lui doivent.

G.B.

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